16 décembre 2012

Fukushima : exprimer ses craintes semble être devenu au Japon un délit d’opinion

Masaki Shimoji, professeur associé à l’Université de Hannan (Osaka) est détenu en prison depuis le 9 décembre 2012 (http://www.hannan-u.ac.jp/english/index.html).

(http://enenews.com/crackdown-japanese-professors-arrest-e...)

Il est accusé d’avoir violé la loi, en particulier, d’avoir traversé les voies de chemin de fer du Japan Railways dans la station d’Osaka le 17 octobre 2012 lors d’une manifestation contre l’incinération de déchets contaminés provenant de la région de Fukushima (http://keepcivicactivity.jimdo.com/english/).

Il s’insurge contre la politique menée par les autorités en ce qui concerne l’évacuation, l’élimination et la dissémination des déchets produits par la catastrophe nucléaire de Fukushima. Masaki Shimoji dénonce depuis des mois le danger de la reprise de l’activité nucléaire civile japonaise et la lenteur du démantèlement des différentes unités du site nucléaire dévasté, en particulier, la piscine 4 qui demeure selon lui une menace pour le Japon et le monde entier.

En tant que citoyen japonais vivant à Osaka, il a manifesté régulièrement contre le projet d’incinération de déchets contaminés à proximité de la deuxième mégapole japonaise.

Les motifs de l’incarcération de Masaki Shimoji sont apparemment fallacieux ou pour le moins très douteux. Monsieur Shimoji sera jugé par une cour de justice, le 18 décembre 2012. Il est entre-temps détenu en prison ainsi que d’autres opposants aux autorités japonaises comme un vulgaire criminel. Ces faits semblent démontrer de la part de ces autorités nipponnes la volonté de briser toute opposition au redémarrage du parc électronucléaire de l’archipel.

De même, la population de Fukushima se voit systématiquement empêchée d’exprimer publiquement ses craintes face aux dangers de la dissémination radioactive.

Les autorités nipponnes sont bien décidées de poursuivre la production d’électricité d’origine nucléaire en incluant une filière MOX locale. En effet, elles ont décidé de construire une usine de fabrication de MOX identique à celle de Melox (France). Le but est de valoriser le dangereux et encombrant déchet nucléaire, le Pu-239 que le Japon détient en grande quantité. Pour mémoire, le MOX produit par Areva  fait partie des dangers majeurs contenus dans les piscines de Fukushima. En cas de tremblement de terre d’intensité supérieure à 8,0 sur l’échelle de Richter, les différentes unités ne résisteraient pas, ce qui entraînerait une catastrophe bien plus grave que celle du 11 mars 2011.

19:14 Écrit par Pierre-Philippe Chappuis dans Fukushima | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.